Dans le couloir. Une pièce de Jean‑Claude Grumberg – Mise en scène de Charles Tordjman au Théâtre HEBERTOT 78 Bis Bd des Batignolles 75017 PARIS. À partir du 24 janvier 2026 du mercredi au samedi à 19h, le dimanche à 17h30.

La pièce

C’est l’histoire d’un couple d’octogénaires. Lui, souffre d’un mal de dos chronique et d’une vue très faible. C’est Jean-Pierre Darroussin. Elle, est équipée d’un appareil auditif et d’un appareil dentaire. C’est Christine Murillo. Ils n’ont pas la vie facile d’autant que leur cinquantenaire de fils est revenu vivre chez ses vieux. Ce retour, ça les ennuie. Allez donc savoir où se nichent la générosité, l’écoute ou le rejet d’autant que le fils s’obstine à ne pas leur parler. C’est gai ! « Dans le couloir » c’est un peu « Godot » entre deux « Chaises ». Allez donc savoir qui des rires ou des larmes l’emportera ?

Équipe artistique

Une pièce de Jean-Claude Grumberg 

Mise en scène Charles Tordjman Assistante

mise en scène Pauline Masson 

Avec

Jean-Pierre Darroussin Christine Murillo 

Décor Vincent Tordjman 

Lumière Christian Pinaud 

Costumes Anne Yarmola

 Musique Vicnet 

Une coproduction Théâtre Hébertot, MK PROD’ et Billal Chegra

Voilà des gens bien élevés. Ils hébergent chez eux leur fils .  » Mon propre fils à cheveux blancs » soupire le père. Mais le fils s’enferme dans la chambre et n’entend pas partager le repas du foyer. Il ne vient pas à l’esprit des deux vieux d’enfoncer la porte ; ils attendent qu’il se manifeste.

Attendre, attendre, attendre la belle affaire ! On a déjà vu ça avec En attendant Godot de Beckett « . Mais Jean-Claude GRUMBERT ne verse pas dans le métaphysique. Ses personnages sont englués dans une réalité mortifère dans laquelle il n’y a rien à faire sinon gloser sur les catastrophes de la vieillesse et pire encore l’impossibilité de communication avec sa progéniture.

Le vieux interprété par Jean-Pierre DAROUSSIN raisonne vraiment trop pour inspirer de la sympathie, c’est un ancien du barreau dont les effets de manches tombent à plat étant donné que son épouse interprétée par la pétulante Christine MURILLO s’en moque éperdument. Elle ne pense qu’à son pauvre fils, telle une mère poule nourricière.

Le public rit souvent aux réparties oiseuses de ce vieux couple qui s’adonne à la vraie comédie de boulevard plus à la sauce du Huis clos de Jean Paul Sartre que du Godot de Beckett.

Il y a quelque chose d’affreux dans l’imagerie du couloir et la scénographie exprime fort bien l’enfermement des vieux. Pas de cris, pas de larmes, faut-il se demander si ces gens ont du cœur ? Un cœur qui n’aura pas réussi à passer sous la porte du fils.

Ce fils qu’on ne voit jamais, on l’imagine, on l’espère vivant ou mort !

Au fond, il s’agit d’une pièce effroyablement noire comme si l’auteur voulait faire résonner la réalité crue sans aucun ménagement pour les personnages et le public autrement que par le rire servi par des artistes aguerris.

« L’enfer c’est les autres » disait Jean Paul Sartre. C’est peut-être soi aussi, allez savoir !

En résumé, voilà une tragi-comédie qui en dit long sur la capacité ou l’incapacité des humains à trouver le bonheur ou un sens à la vie. Sans doute faut-il choisir son camp, le rire ou les larmes ou consulter les grands philosophes. Allez donc vous faire pendre si vous n’avez rien compris !

Le 7 Février 2026

Evelyne Trân

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