
Mise en scène Tristan LE DOZE
Avec Bernard BOLLET, Gabriel LE DOZE
et Anne PLUMET
Lumières : Christophe GRELIÉ
Scénographie : Morgane LE DOZE
Photographies : Frank VALLET
Quels amis aurions-nous si nous attendions d’eux qu’ils nous ressemblent ou tout simplement qu’ils nous comprennent ? Bien qu’ils se sachent opposés par tempérament, deux amis – on se croirait dans une fable de la Fontaine – se prennent au mot. Puisqu’ils sont amis de longue date, ils doivent être capables de tout se dire, jusqu’à l’indicible pour sonder justement ce que signifie ce mot amitié, cette aura qui les stimule affectivement mais aussi spirituellement.
Nous n’en aurons jamais fini avec les mots nous suggère Nathalie SARRAUTE parce qu’ils servent de parapets à nos inconscients et ce sont des outils après tout, des habits. Qu’est-ce que c’est que ça ? Personnellement, je me souviens d’avoir saisi l’horreur du ça qui désignait l’innommable, une chose ou une personne avant de découvrir qu’un psychanalyste avait développé le concept du ça.
Un ça qui pendouille comme un collier de mouches mortes que dût porter la petite Sophie dans les malheurs de Sophie. Un ça qui devient inouï lorsqu’il éclaire la figure de celui qui le prononce et trahit son mépris pour l’autre, pour l’ami.
Se découvrir morveux sous le regard d’un autre, voilà qui est désagréable, mais lorsque cet autre est votre ami, il y a de quoi tomber en dépression ou en plein délire métaphysique.
C’est cette dimension métaphysique qui éblouit chez Nathalie Sarraute, à charge pour ses interprètes de mouiller la chemise, d’incarner ce oui et non. A notre sens les deux amis ennemis ne scient pas la branche sur laquelle ils sont posés, ils s’y balancent pour un oui ou pour un non.
Il y a de la parade amoureuse chez ces deux compères. Ils s’affrontent pour mieux s’atteindre et cela va justement au-delà des mots, juste une impression, une émotion communiquée par les comédiens, excellents.
Article mis à jour le 28 Janvier 2026
Evelyne Trân