ROMÉO & JULIETTE de William Shakespeare au Théâtre des Gémeaux Parisiens 15, rue du Retrait 75020 PARIS du 7 Janvier 2026 au 29 Mars 2026 du Mercredi au Samedi à 21 H. Dimanche à 17 H 30. Séance supplémentaire : Mardi 13 Janvier 2026 à 19 H.

De : William Shakespeare

Mise en scène : Maud Buquet Kandinsky
Scénographie : Camille Dugas
Création lumières : Stéphanie Daniel

Répétiteur de la scène du bal : Samuel Bioulaygues

Création des chorégraphies de combat : Sigismund Gaunt, Quentin Ballif, Giuseppe Pedone

Avec, en alternance :  Olivier Lugo, Alex Ryder, Terrence Prevot Gombert, Bertille Mirallié, Clara Thibault, Pauline Pauwels, Maud Imbert,  Julie Léger, Gary Grines, Martial Jacques, Laurent Bouillard, Brigitte Lo Cicero, Héléna Imsand, Christian Sénat, Guillaume Destrem, Denis Mathieu, Yann Chermat, William Franchi, Baptiste Perais, Loick Moissonnier, Quentin Ballif, Enzo Beaugheon, Xavier Memeteau, Yves Buchin, Christian Gazeau, Frédérique Gautier, Daphné de Quatrebarbes, Romane Bonnardin, Marjory F. Garric, Lula Paris, Raphaël Mathon, Jean Yves Chilot, Nicolas Mouen, Jean Matthieu Hulin, Giuseppe Pedone, Alex Vicaire, Nahel Charif, Mathias Ceccaldi, Sigismund Gaunt, Vincent Navarro, Octave Levasseur, Tancrède Hollington, Augustin Le Palec Bahu, Eliot Partaud, Clément Mariage, Bernard Tiélès, Ilda Chardon, Sibylle Feith, Alice Allouc, Ashley Delangle, Cassandre Teyssier, Agathe Delplanque, Loena Iskyende, Lola Dary, Günther Vanseveren​

Roméo & Juliette, conte fantastique et drame familial, en noir et blanc.

Roméo et Juliette, texte universel, mis en scène comme un conte, cruel, tendre et drôle. Une satire où les personnages se débattent dans un monde cauchemardesque qu’ils alimentent eux-mêmes. Seule la mort de deux innocents parvient à libérer ce village envenimé par la haine et le crime. Shakespeare nous invite à prendre de la hauteur sur nos conflits intérieurs et nous questionne sur notre relation au monde : Le mal peut-il être le berceau du bien ?

Avec vingt comédiens du Collectif La Pépinière du Nouveau Monde dont un académicien de la Comédie Française dans le rôle de Roméo. 

En résumé, l’amour entre Roméo et Juliette est un amour d’adolescents. Il possède cette pureté qui ne peut résister à la dureté voire la cruauté du monde. Leurs familles, celles des Montaigu et Capulet se vouent une haine ancestrale. Il n’y a pas d’esprit de sainteté, les personnages savent se montrer odieux tels les parents de Juliette qui la rejettent violemment lorsqu’elle refuse un mariage arrangé ou déjantés comme Mercutio, l’ami de Roméo. Comme dans les contes de fée, il y a un Prince qui entend faire régner l’ordre et la paix. Concernant la dualité entre le bien et le mal, Eros et Thanatos, avouons que nous y sommes habitués, et pourtant dans cette mise en scène, c’est la lumière qui s’impose repoussant l’ombre et les limbes dans les coulisses.

Une mise en scène de Roméo et Juliette pourrait se limiter à un beau livre d’images légèrement glacé parce que leur histoire d’amour mythique et universelle au delà de l’analyse appelle une représentation spectaculaire comme dans les films Autant en emporte le vent ou le Docteur JIVAGO.

Sans être un spécialiste de Shakespeare, on peut dire qu’il ressort de ses pièces une réflexion profonde sur les humains à ce point débordés par leurs passions qu’ils sont capables d’actes monstrueux et de provoquer la mort. A ces « monstres » il oppose des êtres vulnérables tels qu’Hamlet, Desdémone etc. La pièce Roméo et Juliette n’échappe pas à cette règle. Pourtant il ne s’agit pas d’une règle mais d’un véritable ressenti qui trouve son expression de façon complexe grâce aux confessions des protagonistes.

Chez Shakespeare, le texte passionnant se suffit à lui-même mais nous ne serions pas au théâtre si nous décidions de passer à la trappe toute effusion visuelle. La metteure en scène Maud BUQUET KANDINSKY a opté pour l’apparat, l’étincelant tant il est vrai que le blanc côtoie superbement le noir sur le damier. La scénographie est très belle, il y a de superbes tableaux notamment la scène où Juliette est couchée sur son lit de mort . La chorégraphie du bal est magnifique et les combats d’escrime enchanteurs et surtout nous entendons fort bien la langue de Shakespeare traduite par François-Victor Hugo.

Cependant les tableaux se succèdent sans doute de façon trop tranchée de sorte que nous ne pouvons y associer les vers de Baudelaire :

La Nature est un temple où de vivants piliers 

Laissent parfois sortir de confuses paroles

L’homme y passe à travers des forêts de symboles

Qui l’observent avec des regards familiers.

Nous n’en voudrons pas à la metteure en scène Maud BUQUET KANDINSKY qui offre au public une mise en scène épique et spectaculaire de Roméo et Juliette avec une belle distribution issue du Collectif La Pépinière du Nouveau Monde.

Evelyne Trân

Le 14 Janvier 2026

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