
Françoise Sagan fut peut-être son personnage le plus réussi. L’auteur de Bonjour tristesse s’est souvent livrée à l’exercice des interviews et entretiens médiatiques avec une touchante et sauvage spontanéité. Caroline Loeb fait revivre son intelligence féroce, sa tendresse caustique, son humour rebelle, à travers une série de confidences, publiées sous le titre : Je ne renie rien. Passent en revue l’argent, le désir, la littérature, les hommes, le jeu, la mort dans un étourdissant et généreux élan. Un face à face décapant avec cette nature passionnée, qui savait vivre entre les lignes. Bonjour jeunesse !
Adapté et interprété par Caroline LOEB
Mise en scène Alex LUTZ
Avec la collaboration de Sophie BARJAC
Lumière : Anne COUDRET
Décor : Valérie GRALL
Costume : IRIÉ
Assistante : NOISETTE
Musique et création sonore : Agnès OLIER et Béesau
Photographie affiche : Richard SCHROEDER
Photographies spectacle : Lioneel BLANCAFORT
A l’issue du spectacle Françoise par Sagan, comment ne pas penser, voilà une personne qui est venue au monde avec sa propre partition de vivre, une partition qui en dépit des aléas de la vie, l’a rendue heureuse. Au fond Françoise SAGAN était une poète, une Orphée femme, et Caroline LOEB l’incarne si bien sur scène qu’en réalité, il ne faut pas parler d’elle au passé.
Elle a des pensées qui glissent, qui piquent tout en faisant lever les yeux. Elle est fine, très fine et elle connait le poids des mots qui sont des emballages pour les sentiments toujours inexprimables mais cela n’a pas d’importance parce qu’ils ne lui appartiennent pas – elle n’a pas le sens de la propriété – ils appartiennent à ceux ou celles qui les saisissent.
L’écriture pourtant est sa raison d’être et pourquoi pas, parce qu’elle donne l’impression d’écrire au présent comme un peintre croit toucher une goutte d’éternité avec son pinceau.
Tout de même, n’est-elle pas trop fine dans ce monde de brutes ? Son intelligence, son humour, son esprit offrent à son côté animal très instinctif, une belle barricade et si elle en connait les barreaux, la lourdeur, elle sait les faire scintiller.
François Mauriac, ce grand écrivain, la décrit comme un charmant petit monstre. J’entends qu’elle respire dans la nature cet elfe, si vivant, si profondément alerte ! Caroline LOEB s’oublie pour devenir Françoise . Comment fait-elle pour parler avec tant de naturel de choses aussi graves que la mort et les blessures de la vie ? Elle qui dit ne pas être à la hauteur de Proust, l’est à celle du public intimement ému !
Evelyne Trân
Le 16 Décembre 2025
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