
Présentation de la Compagnie du Théâtre en Pièces
Le choix du texte « Le Très Bas » de Bobin nous pousse à prendre conscience de notre intégration à la nature et de la nécessité de nous respecter mutuellement ainsi que notre environnement. Tout est fragile, éphémère. Il est crucial de saisir l’importance de chaque instant.
À travers cette performance, nous désirons partager l’écriture de Bobin pour réveiller les coeurs et les âmes, ne serait-ce qu’un bref instant, dans une quiétude qui invite au bonheur. Plutôt que de chercher la lune, apprenons à savourer l’eau que nous buvons, le fruit que nous dégustons, en fermant les yeux. Car ces petits plaisirs sont déjà immenses.
Cette œuvre, dans une narration à trois voix, masculine et féminine. Trois corps se rejoignent, se fondent, pour donner naissance à la parole. Le violoncelle accompagnera cette expression, créant une musique des mots, du vent, du silence.
Ce spectacle s’adresse à tous, sans distinction de croyance, de genre ou d’âge.
Mise en scène Emmanuel Ray
Avec Melanie Pichot , Fabien Moiny , Stéphanie Lanier , Emmanuel Ray
Création musicale et sonore Tony Bruneau
Création Musicale et interprétation Léa Bertogliati
Voilà un spectacle d’une beauté ineffable ! Non vraiment, il ne faut pas craindre de pousser la porte de l’église Saint Leu-Saint Gilles qui accueille en ce moment Le Très-Bas de Christian BOBIN. C’est une occasion unique pour ceux qui ne le connaissent pas d’entendre la langue de ce poète résonner dans le silence et la semi-obscurité attentive d’un lieu chargé d’années, d’oublis et de mystères.
Le grand mystère de la vie ! Il semble que Christian Bobin ait trouvé un compagnon de route spirituel en François d’Assise, l’homme qui parlait aux oiseaux. Le poète parait détaché de tout dogme, alors même qu’il a la foi chrétienne . Il s’agit d’une poésie parlante qui respire et qui n’a pas besoin de références pour s’exprimer et raconter la reconversion de François d’Assise qui passa d’une vie très dissipée à celle d’un prêtre mendiant.
Une église qui devient théâtre en rassemblant les spectatrices, les spectateurs, deux comédiennes, un comédien et une violoncelliste, un metteur en scène, Emmanuel RAY qui nous parle de l’importance de l’instant.
L’émotion, c’est le sentiment d’être dans l’instant d’une représentation qui réunit dans un même souffle deux comédiennes, un comédien, une violoncelliste et le public. Il ne s’agit pas d’une vérité de la Palisse, c’est juste un bonheur de penser que des artistes et des personnes se sont donnés rendez-vous pour assister à un chant poétique inspiré par le parcours d’un homme en quête de paix et d’amour.
La scénographie se veut dépouillée, les artistes circulent le long d’un chemin de terre entre les spectateurs-trices installés.es en vis à vis. Mais les comédiennes et le comédien s’échappent parfois pour rejoindre d’autres recoins de l’église. Ils font penser à des oiseaux un peu égarés, appelés par la musique du violoncelle ou l’écho de leurs voix.
L’émotion est dynamique étonnamment dans ce contexte si propice à la méditation. Les corps s’expriment et il est facile d’associer les voix des comédiennes Mélanie PICHOT et Stéphanie LANIER à des ruissellements d’eau fraiche… Fabien MOINY est très impressionnant. La scène où François d’Assise se déleste de tous ses vêtements pour les rendre à son père marchand de tissu et se faisant rompant avec tout son passé est magnifique.
» Rien ne peut être connu du Très-haut sinon par le Très-bas » nous dit Christian BOBIN. Si le Très-bas nous parle, c’est sûrement parce qu’il ouvre sa porte à nos silences, à nos soupirs qui ne sont pas des rêves. BOBIN parle d’amour simplement et cela coule de source.
L’église en tant que lieu de refuge et de recueillement devient le berceau ou l’écrin d’une pensée qui entend absorber l’inutile, pour atteindre l’essence.
Evelyne Trân
Le 16 Octobre 2025