
Photo : Jean-Louis Fernandez
Makbeth est l’histoire d’un tyran, une spirale de violence qui mène à la folie. Alors que la guerre déferle sur une lande indéfinie, le général Makbeth apprend que la couronne pourrait être bientôt sienne. Épaulé par son épouse et pressé par son ambition, il assassine le roi Duncan. Arrivé sur le trône, il n’aura de cesse de vouloir accroître son pouvoir et éliminer un par un ses potentiels ennemis.
Distribution et production
Une création du Munstrum Théâtre
D’après William Shakespeare
Mise en scène Louis Arene
Avec
Louis Arene, Sophie Botte, Delphine Cottu, Olivia
Dalric, Lionel Lingelser, Anthony Martine,
François Praud, Erwan Tarlet
Musique originale & création sonore Jean Thévenin & Ludovic Enderlen – Costumes Colombe Lauriot Prévost assistée de Thelma Di Marco Bourgeon & Florian Emma
Masques Louis Arene – Coiffes Véronique Soulier Nguyen – Chorégraphie Yotam Peled
Assistanat à la mise en scène Maëliss Le Bricon

Photo Jean-Louis Fernandez
Macbeth vu et adapté par le Munstrum Théâtre devient MaKbeth, le K étant une référence à Kafka.
Makbeth donc, un personnage qui se dépouille très rapidement de son humanité, celle qui transparaissait dans les propos empreints de philosophie et de poésie que lui prêtait Shakespeare. Ce Makbeth là fait penser à un pantin sans âme.
Il ne faut plus penser qu’au spectacle. Les personnages de la tragédie de Shakespeare se donnent en spectacle éperdument de façon effroyable, c’est à dire grotesque, et on ne cesse d’entendre glousser la grenouille celle qui voulait devenir plus grosse qu’un bœuf, tapant sur les épaules de Lady Makbeth sculpturale qui s’offre le luxe d’avoir une traine aussi longue qu’un rideau de scène.
Le bouffon lunaire qui orchestre mine de rien les boucheries de la guerre est aussi inquiétant qu’un personnage de Stéphen King.
Où se niche donc l’humanité de ces étranges humanoïdes qui avancent masqués. Sommes- nous dans un film de science fiction ou un film d’horreur.
L’excès finit par faire rire et le public rit beaucoup. Du sang, du sang, du sang, c’est trop ! Ces humanoïdes vomissent du sang. Makbeth ensanglanté en proie à des cauchemars dignes d’un délirium tremens se retrouve pendu par les pieds comme Mussolini ou bien il est assailli par des hommes devenus les tentacules visqueuses d’une pieuvre prête à l’engloutir.
Démonstration visuelle et stupéfiante de la monstruosité humaine. Les images sont là pour se fixer sur la rétine. Comme si les discours humanistes ne payaient pas et qu’il fallait regarder en face les horreurs dont sont capables les humains plus bestiaux que jamais.
Mais planera toujours cette dichotomie entre les aspirations spirituelles de l’humain et ses instincts bestiaux. Cet humain qui pense s’élever grâce à l’art et son intelligence au-dessus de la bête, est-il donc ridicule à ce point ?
Il y a vraiment le plaisir d’assister à un spectacle visuellement grandiose, servi par une troupe talentueuse et aguerrie. Ensuite, il faut digérer l’impact des images. Le Munstrum Théâtre mise sur le pouvoir de la dérision et du fantastique qui permet à la folie et aux fantasmes de se libérer plutôt que de sombrer dans la spirale meurtrière dont est à la fois responsable et victime Makbeth.
« Qui a éteint la la lumière » se plaint Lady Makbeth. Voilà que son époux devient philosophe, il était temps et c’est juste à la fin avant sa mort, ses derniers mots en somme :
« La vie n’est qu’une ombre qui marche. C’est une histoire racontée par un crétin. »
Et doucement le bouffon murmure : « Qu’est-ce qui est devant nous et que nous ne voyons pas… l’avenir ».
Evelyne Trân
Le 11 Mai 2025
TOURNÉE 2025-2026
22 et 23 mai 2025 – La Filature, scène nationale de Mulhouse
10 au 13 juin 2025 – Théâtre du Nord – CDN de Lille
5 au 7 novembre 2025 – Malakoff Scène nationale
12 au 14 novembre 2025 – Théâtre Varia (Bruxelles)
20 novembre au 13 décembre 2025 – Théâtre du Rond-Point (Paris),
Printemps 2026 : MC2 : Grenoble, Le Carreau – Scène nationale de Forbach et de l’Est mosellan… (en cours) .