A LA PERIPHERIE DE Sedef Ecer – Mise en scène : Thomas Bellorini – au THEATRE DE SURESNES – 16, place Stalingrad • 92150 Suresnes

A LA PERIPHERIE

Texte : Sedef Ecer
Mise en scène : Thomas Bellorini
Avec : Sedef Ecer, Anahita Gohari, Lou de Laâge, Adrien Noblet, Christian Pascale, Céline Ottria, Zsuzsanna Vàrkonyi
Lumières : Jean Bellorini
Musique : Zsuzsanna Vàrkonyi, Céline Ottria, Thomas Bellorini
Scénographie : Thomas Bellorini, Victor Arancio
Costumes : Jean-Philippe Thomann
Création son : Nicolas Roy
Assistante à la mise en scène : Mathilde Cazeneuve
Régie générale : Victor Arancio

Sedef ECER ne cesse de questionner des destins, dans une forêt de signes dilatoires. Quand elle interroge le regard du spectateur, elle inclut celui de l’automobiliste qui traverse le périphérique, comme dans un film ou celui de l’aviateur qui laisse tourner longtemps son avion avant d’atterrir.

 Mais l’aviateur, l’automobiliste comment pourraient-ils aller à la rencontre de celui ou celle qui marche au bord de la route, et qui risque d’ailleurs de se faire écraser.

 Nous ne descendons pas souvent de notre véhicule semble nous dire Sedef ECER. Tout cela pour dire que le cœur de l’homme bat à plusieurs vitesses. Ce qui immanquablement nous ramène au conte du Petit Poucet et de l’ogre.

 C’est parce qu’il a égrené sa route de petits cailloux que le petit Poucet a retrouvé sa route.

 Dans la pièce de Sedef ECER qui a fait appel à Thomas BELLORINI, ces petits cailloux sont musicaux et magiques. Ce sont eux qui soulèvent la route des héros de la pièce, des habitants de bidonvilles en Turquie et à la périphérie de Paris.

 La route qui se soulève, tressée des témoignages simples des individus sur  leur vie, observe une sorte de ronflement sarcastique, par l’intermédiaire d’un personnage grotesque, une animatrice de télévision  qui sait bien que  la misère et le luxe sont les deux mamelles de l’émotion médiatique.

 Oui, oui heureusement qu’il y a la musique pour laisser poindre les intermittences du cœur, enfin ces clignotants de l’âme, des visages qui s’éteignent et se rallument tour à tour et encore.

 La mise en scène a les ajours d’une toile d’araignée suspendue à diverses fenêtres, l’espace-temps se conjuguant à travers les apartés musicaux, incantatoires et audacieux , exécutés par des fées,  Zsuzsanna VARKONYI, d’origine hongroise, chanteuse et accordéoniste, fabuleuse en jolie sorcière tzigane et Céline OTTRIA au violon, la basse, la guitare et la percussion, bouleversante.

 Lou de LAAGE et Adrien NOBLET, en couple d’adolescents, possèdent la grâce de  la jeunesse dure et fragile à la fois parce qu’elle voudrait n’avoir peur de rien, et passer en funambule au-dessus du vide, entre passé et avenir.

 Anahita GOHARI et Christian PASCALE a un autre pan de la toile, la génération des parents, s’alignent très justement sur la tonalité témoignage comme des personnages du passé qui savent que de leurs paroles dépend la vision d’avenir de leurs enfants.

 Et Sedef ECER,  joue Sultane, une vedette de télévision, avec beaucoup d’appétence et de drôlerie.

 Le spectacle jouit d’une harmonie indéniable qui tient au fourmillement lumineux et musical qui agite la main de l’auteure offrant avec ce beau spectacle, une sorte de carte humaine où au lieu de points figurant des bidonvilles, des cités dortoirs, à la périphérie,  nous traversons des visages, rien que des visages.

 Paris, le 15 Mars 2014                  Evelyne Trân

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